Bull a inauguré le 2 octobre 2026 son nouveau bâtiment de production à Angers, en Maine-et-Loire. Cette ouverture s’inscrit dans un programme de reconstruction et d’extension de 80 millions d’euros, dont l’achèvement est prévu en 2028. L’usine historique, ouverte en 1963, est progressivement reconstruite sur son site d’origine.
Le sommaire
La production est passée de six à douze racks par mois. Elle pourrait atteindre 24 racks par mois en 2027 si la demande se confirme. Cette montée en capacité accompagne notamment les commandes de systèmes destinés à l’intelligence artificielle.
Une surface de production portée à plus de 12 000 m²
À terme, la surface de production doit passer de 7 800 à plus de 12 000 m². Le site compte environ 250 salariés, dont une centaine directement affectés à la production de supercalculateurs.
Bull revendique un gain de productivité de 30 % grâce au nouvel outil industriel. Le réagencement des ateliers peut être effectué en une dizaine de minutes, contre environ trois mois auparavant. La modernisation prévoit également davantage d’automatisation, de virtualisation et de robots collaboratifs.
Le nouveau bâtiment intègre plus de 3 500 panneaux photovoltaïques, d’une puissance maximale de 1 500 KWc, ainsi qu’une alimentation électrique issue d’énergies renouvelables et un système de valorisation de la chaleur produite par les équipements.
Deux grands systèmes à assembler en parallèle
L’extension doit permettre, pour la première fois à Angers, l’assemblage simultané de deux machines de très grande taille : Alice Recoque et LUMI-AI.
- Alice Recoque, supercalculateur exascale destiné au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), doit compter 94 racks. Les livraisons doivent commencer progressivement à partir de la fin 2026, pour une mise en service complète prévue en 2027. Le coût annoncé pour la France et l’Union européenne atteint 554 millions d’euros.
- LUMI-AI est destiné à Kajaani, en Finlande, dans le cadre d’un consortium européen. La valeur du contrat est annoncée à environ 388 millions d’euros. Bull le présente comme le plus gros contrat de son histoire.
Ces programmes donnent une application directe à l’augmentation des capacités et à la nouvelle organisation des ateliers.
Des commandes européennes et un contrôle public français
Le directeur général de Bull, Emmanuel Le Roux, a annoncé que l’entreprise avait remporté 15 des 18 appels d’offres lancés par EuroHPC, l’organisme européen qui cofinance les supercalculateurs avec les États membres. Il a également fait état, pour 2026, d’un niveau de commandes supérieur à celui de toutes les années précédentes.
L’Union européenne a prévu 7 milliards d’euros entre 2021 et 2027 pour développer un réseau européen de supercalculateurs. Les besoins concernent l’entraînement et le déploiement des modèles d’intelligence artificielle, mais aussi la recherche, l’industrie et la défense.
L’État français a finalisé le 31 mars 2026 l’acquisition de l’intégralité du capital de Bull auprès d’Atos Group. Annoncée en 2025, l’opération valorise l’entreprise jusqu’à 404 millions d’euros en valeur d’entreprise. Cette reprise vise à maintenir sous contrôle français les activités de calcul haute performance, d’intelligence artificielle et de quantique.
Bull a réalisé 720 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 16 % sur un an. L’entreprise prévoit de recruter 500 personnes en 2026, principalement en Europe.
En savoir plus sur Bull
Articles pour aller plus loin :


